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Bruno Cremer


Filmograghie:

Bruno Cremer
Né à St-Mandé, le 6 octobre 1929, Bruno Cremer s'est toujours destiné au métier d'acteur. Il suit les cours du Conservatoire avant de débuter au théâtre dans "Robinson" de Jules Supervielle. Pendant dix ans, il se consacre presqu'exclusivement au théâtre jouant dans "Le Mari idéal" d'Oscar Wilde, "Périclès" de Shakespeare et "Pauvre Bitos" de Jean Anouilh. Frappé par l'interprétation de Bruno Cremer, l'auteur lui confie le rôle principal de "Becket". "Le plus beau moment de ma carrière, dit Bruno Cremer, je le dois au théâtre, à "Becket" la pièce de Anouilh que j'ai jouée pendant deux ans et demi." De 1957 à 1964, Bruno Cremer tient des petits rôles au cinéma jusqu'à la 317e SECTION. Dès lors il ne cesse de tourner, surtout avec Yves Boisset et Costa-Gavras mais aussi dans les premiers films de jeunes réalisateurs (AIMÉE, ANTHRACITE) ou de personnalités déjà confirmées dans un autre domaine (Patrice Chéreau, Christopher Frank). À la télévision, on a pu le voir dans "Cet homme-là", dans la série "Orient Express", l'épisode : "Hélène", réalisé par Marcel Moussy dans "La traque", de Philippe Lefebvre et dans "Une page d'amour", d'Élie Chouraqui.
Massif, le visage fermé et impassible, la souffrance que l’on devine derrière la violence latente, tel apparaît en 1983 Bruno Cremer dans le premier film de Jean-Claude Brisseau, UN JEU BRUTAL. Il y incarne un chercheur scientifique, père indigne d’une enfant infirme, qu’il élève à la spartiate. À l’insu de tous, il est aussi l’impitoyable coupable des ignobles meurtres d’enfants qui défraient la chronique. Ce rôle glaçant ouvre une collaboration fructueuse entre les deux hommes, poursuivie à travers le père sévère du violent DE BRUIT ET DE FUREUR (1987), puis sous les traits du professeur de Lettres séduit par une lolita dans NOCE BLANCHE (1989). Ce dernier bénéficie d’une mise en lumière médiatique particulière, puisque sa jeune partenaire n’est autre que la chanteuse Vanessa Paradis.
Bruno Cremer participe durant cette période à de nombreux films d’auteurs français – un petit tour chez Bertrand Blier, un autre dans le moyen métrage d’Anne-Marie Miéville, LE LIVRE DE MARIE – et européen, en Espagne, Suisse, Italie et Belgique. Ainsi, dans FALSCH, le premier film des frères Dardenne, futurs lauréats de la Palme d’or cannoise, il incarne le rôle titre, celui d’un Juif ayant fui aux États-Unis avant la guerre et hanté par les fantômes de l’Holocauste.
Sa douleur contenue s’exprime aussi dans le méconnu TUMULTES, où il tient une famille éplorée – mère anéantie, sœurs déboussolées – par le suicide de son seul fils. Il retrouve plus tard Laure Marsac, présente dans TUMULTES, dans TAXI DE NUIT, un curieux film d’anticipation imaginant Paris après l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite. Dès lors s’ouvre une période de neuf ans d’absence de Bruno Cremer sur le grand écran. En revanche, il va se faire très présent dans la petite lucarne…
Depuis le milieu des années 80, il était déjà apparu dans de nombreux téléfilms, entre autres “Le Regard dans le miroir” de Jean Chapot (1984), “L’Île” de François Leterrier (1986), “Biafra : la naissance”, réalisé par Laurent Heynemann dans la série “Médecins des hommes”, “Le Diable en ville” de Christian de Chalonge (1988, série “Lavardin”). Mais surtout, à partir de 1991, Bruno Cremer endosse pour France 2 l’imperméable du commissaire Maigret, pour “Les Plaisirs de la nuit” de José Pinheiro, premier d’une longue série d’épisodes – une quarantaine – réalisés par Serge Leroy, Claude Goretta, Bertrand Van Effenterre, Pierre Granier-Deferre, Edwin Baily, Philippe Bérenger, Olivier Schatzky, etc. Le rôle du mythique enquêteur à la pipe imaginé par Georges Simenon, avec ses nuances flegmatiques et sa stature pesante, lui va comme un gant.
Mais Cremer revient parfois au théâtre. Il joue ainsi sous la direction de Georges Wilson “Léopold le bien aimé” en 1988-1989, puis crée en septembre 1990 à Paris la pièce “Love Letters” de A. R. Gurney, mise en scène par Lars Schmidt, aux côtés d’Anouk Aimée. Il poursuit les représentations en tournée en 1991-1992 puis la reprend à la Comédie des Champs-Élysées à l’automne 1994. Enfin, il aborde l’œuvre d’Ingmar Bergman avec “Après la répétition”, dirigé par Louis-Do de Lencquesaing au théâtre de la Renaissance en 1997, avant une tournée fin 1998.

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